Skip to content

Hypersensible, qui es-tu ?

Hypersensible, qui es-tu ?

Je suis hypersensible.
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur whatsapp
WhatsApp
Partager sur email
Email

Hypersensible est une notion assez nouvelle et dans laquelle de plus en plus de personnes se reconnaissent. Qu’est-ce que l’hypersensibilité et comment se vit-elle au quotidien ? Dans cet article, j’ai voulu vous apporter quelques éclairages de psychothérapie sur ce trait de caractère qui fait beaucoup parler de lui. Vous y trouverez des explications sur ses causes ainsi que des conseils psy pour vivre heureux en tant qu’hypersensible.  

L’hypersensibilité n’est pas une maladie !

L’hypersensibilité n’est pas une maladie mais une sensibilité qui s’exprime plus fortement que la moyenne. La difficulté de la personne hypersensible vient du fait que ses réactions peuvent être perçues par l’entourage comme exagérées, disproportionnées ou extrêmes par l’entourage. Il en résulte un sentiment de solitude et d’incompréhension, pouvant aller vers une dévalorisation de soi importante. L’estime de soi et la confiance en soi s’effondrent. 

L’hypersensibilité se manifestent à plusieurs niveaux :  

  • Les sensations : c’est ce qu’on appelle l’hyperesthésie. Il s’agit d’une grande intensité dans la perception des sensations pouvant conduire à une hyperstimulation voire à une saturation du cerveau (la lumière, les odeurs, les bruits, les contacts, les douleurs deviennent intolérables).  
  • Les émotions : les émotions sont vécues avec une grande intensité et dans une large palette. La personne hypersensible peut facilement aller d’une émotion à une autre en très peu de temps. Ce qui peut laisser l’entourage perplexe…  
  • Les pensées : la rumination est constante, les idées fusent, les analyses aussi. Ça en devient très fatigant pour la personne concernée ; pour l’entourage aussi.  
  • L’intuition : La personne peut ressentir très rapidement les atmosphères des lieux, les ambiances, les personnes aussi. Il s’agit d’une sorte d’intelligence irrationnelle qui ne trompe pas et qui peut parfois surprendre.  

Il peut y avoir plusieurs causes à l’origine de l’hypersensibilité : 

  • Facteur génétique : surtout s’il s’agit d’hyperesthésie. 
  • Facteur culturel : en fonction de l’éducation, si elle encourage ou non la sensibilité. 
  • Facteur accidentel : un traumatisme lié à un évènement précis peut réveiller une sensibilité qui n’était si vive au préalable, 
  • Facteur évolutif : plus on avance sur un chemin d’évolution et de conscience, plus on devient sensible. On peut devenir de plus en plus sensible avec un travail de développement personnel car on allège le système de protection psychologique. La sensibilité devient ainsi plus intense. Toutefois, ce travail de développement personnel permet de faire de notre sensibilité une force en la transformant en créativité. 

Pourquoi voit-on l’hypersensibilité comme une anomalie ? Ce n’est pas l’hypersensibilité qui est une anomalie mais le regard qu’on pose sur elle. Les personnes hypersensibles souffrent de cette situation car elles ne sont pas comprises de leur entourage. Leurs réactions peuvent être perçues comme trop intenses. Ce décalage avec l’entourage peut laisser penser que la personne hypersensible est dépressive voire bipolaire. Il n’en est pourtant rien. Apprenons simplement à nous familiariser avec l’hypersensibilité pour mieux la comprendre et en faire une véritable ressource. 

Que se passe-t-il dans le cerveau d’une personne hypersensible ?

De nombreuses recherches en neuroscience ont été faites sur ce sujet. Aujourd’hui, on connait les raisons scientifiques à l’origine de l’hypersensibilité. La plupart de ces études ont été amorcées par le Dr Elaine Aron, psychologue de recherche clinique américain et également le Dr Elke Van Hoof, psychologue clinicienne spécialisée dans le diagnostic psychologique, les traumatismes, le stress et le burn-out.  

Ces études ont ainsi démontré que le thalamus, situé dans le cerveau, est moins actif chez les personnes hypersensibles. La fonction du thalamus est de filtrer les informations à traiter par le cerveau. Cela nous permet de ne pas être trop saturés d’informations exterieures. Lorsque le thalamus est moins actif, il filtre naturellement moins d’informations et en laisse passer davantage. La personne hypersensible reçoit ainsi une plus grande somme d’informations extérieures. Cela génère une hyperstimulation du cerveau pouvant aller vers une saturation.   

Les neurones miroirs sont aussi très actifs chez les personnes hypersensibles. C’est la raison pour laquelle les personnes hypersensibles manifestent naturellement une grande empathie pour autrui.

Les signes de l'hypersensibilité

Le point commun aux personnes hypersensibles est un désir de vivre intensément. Cela se manifestent par : 

  • Un désir de profondeur dans les relations, 
  • Une profondeur dans les détails, 
  • Une profondeur dans la quête de sens, 
  • Une profondeur dans la créativité due à une imagination débordante. 

Voici quelques traits de caractère assez communs aux personnalités hypersensibles : 

  • Une difficulté à prendre des décisions, du fait du grand nombre d’informations perçues. 
  • Une certaine susceptibilité, liée à l’intensité des émotions ressenties. 
  • Un sens du détail et de la perfection, lié à la finesse de la perception. 
  • Un sentiment d’insécurité, lié à la non-compréhension de l’entourage. 
  • Une sensibilité à fleur de peau, liée à une grande empathie. 
  • Une préférence pour les lieux calmes, du fait de l’hyperesthésie. 

Concept nouveau dans un monde moderne

Le concept d’hypersensibilité est assez nouveau et date des années 90. L’auteure Elaine Aron, psychologue de recherche clinique américain, en parle pour la première fois dans son ouvrage “the hight sensitive person” (1996). On traduirait ce terme en français comme « individu hautement sensible » plutôt qu’hypersensible qui, à mon sens, peut avoir une connotation légèrement péjorative insinuant une certaine “hors-norme” excluante.  

Selon cet ouvrage, des études menées à ce sujet ont montré que l’hypersensibilité représenterait jusqu’à 35% de la population. Si on ajoute à cela les personnes “très sensibles” qui ont un degré de sensibilité non loin des premiers, on arrive rapidement à 50% de la population, ce qui représente finalement une bonne partie des êtres humains.  

En étudiant ce qu’est l’hypersensibilité, on peut aisément réaliser qu’elle est omniprésente chez les peuples dont la culture s’ancre dans la nature et la sagesse. Un certain niveau de conscience induirait donc un certain niveau de sensibilité.  

La question se pose alors comme ceci : l’hypersensibilité ne serait-elle pas finalement une composante inerrante à l’être humain qui se serait simplement perdue dans la modernisation de notre société ?  

La difficulté des personnes dites hypersensibles ne résiderait-elle pas simplement dans le fait que nous vivons désormais dans une société HYPOSENSIBLE ?  

Regardez les enfants, ils sont tous hypersensibles. Toutefois, cette sensibilité s’atténue par l’éducation qui nous demande de la refouler, de ne pas la montrer, de ne pas s’en servir. Sans doute qu’une bonne partie des enfants arrivent malgré tout à passer entre les mailles du filet et à garder malgré tout leur niveau de sensibilité dans un contexte social hyposensible. L’écart se creusant entre les deux lots et la tendance allant vers l’hyposensibilité, ce sont les hypersensibles qui sont montrés du doigts et qui en souffrent. 

Un problème social qui rejette l'hypersensibilité

Comment bien vivre son hypersensibilité dans un monde qui la rejette ? Il est bien difficile d’assumer l’intensité de nos émotions lorsqu’on nous demande de ne pas les laisser transparaître. La difficulté ne réside pas dans le fait d’être un être sensible mais plutôt dans la frustration de ne pas savoir lui donner une juste place dans notre existence.  

Voici les raisons pour lesquelles l’hypersensibilité peut être vécue comme une souffrance dans ce monde actuel 

  • La dévalorisation de la personne hypersensible : L’éducation nous demande dès la plus jeune enfance de ne pas être trop sensible, de ne pas être différent des autres, de ne pas faire de vagues, d’entrer dans un moule social et de vivre comme un robot. Notons toutefois les belles initiatives de certaines écoles qui valorisent la sensibilité comme les écoles Montessori.  
  • La mise à mal de la personne hypersensible : Nous vivons aujourd’hui dans un monde de plus en plus bruyant, pollué, agressif, en perte de sens et où tout va très vite. Cet environnement est à l’opposé des besoins des personnes hypersensibles. Il est donc d’autant plus difficile à supporter pour elles.  
  • L’isolement de la personne hypersensible : L’hypersensibilité peut isoler la personne plutôt que de la relier aux autres. Pourtant la sensibilité a pour rôle de relier la personne à son environnement et aux autres. Mal comprises, elle se sent seule, différente et dévalorisée.  

L’objectif n’est pas d’entrer en guerre envers le monde tel qu’il est aujourd’hui. Il s’agit plutôt de travailler individuellement sur sa propre sensibilité pour trouver les espaces et les domaines adéquats pour l’exprimer et en faire une source d’épanouissement personnel.   

« Le rôle de la sensibilité n’est pas de nous exclure
mais de nous relier à nous-même et notre environnement.« 

Le mal-être des hypersensibles

Si l’hypersensibilité n’est pas une maladie, elle peut toutefois être cause de souffrance si elle est mal vécue.  

Voici les principales conséquences négatives que peuvent vivre les personnes hypersensibles :  

  • Un manque d’estime de soi : puisque la sensibilité est bannie, les personnes hypersensibles se sentent mal-aimées et développent une image négative d’elles-mêmes.  
  • Une fatigue émotionnelle : elles sont sans filtre et se sentent comme une éponge face aux émotions des autres. Les frontières entre soi et l’autre sont peu palpables, ce qui provoque une surcharge émotionnelle difficile à encaisser.  
  • Une mauvaise interprétation dans la relation à l’autre : les réactions disproportionnelles qui sont liées à une forte résonnance peut véhiculer chez la personne hypersensible une mauvaise interprétation de l’intention de l’autre. Par exemple, une remarque sur le détail d’un travail rendu peut être vécue par la personne hypersensible comme une remise en cause complète de ses compétences. A l’inverse, l’enthousiasme débordant de la personne hypersensible peut mettre les personnes à distance si cet enthousiasme dépasse leurs intentions et leurs attentes.  
  • Une réaction exacerbée aux évènements ou aux remarques désagréables : les personnes hypersensibles sont souvent dites susceptibles. Cette susceptibilité est en fait liée à une forte résonnance de ce qui est vécu et qui demande du temps à encaisser.  

Comment bien vivre son hypersensibilité ?

Il est tout à fait possible de bien vivre l’hypersensibilité malgré le contexte actuel. Il faut voir l’hypersensibilité comme un don plutôt qu’une fragilité qui nous isole du monde.   

En vérité, la notion d’hypersensibilité avait déjà été étudiée par Jung en 1913 et il en parlait comme un “caractère enrichissant”. Cela révèle l’aspect valorisant de ce tempérament.   

Alors comment faire de son hypersensibilité une force plutôt qu’un handicap ?  

Il faut d’abord apprendre à la connaître et à l’accepter. Puis vient l’étape suivante qui est d‘adapter sa vie, son quotidien et son environnement à ses propres besoins de hypersensibles.   

  • Vous ne tolérez pas le bruit  >>  Déménagez dans un endroit plus calme.  
  • Vous être mal à l’aise dans les rassemblements >>  Voyez vos amis en petit comité et excusez-vous d’avance auprès d’eux si vous n’acceptez pas ou plus leurs invitations pour les grandes fêtes.  
  • Vous n’arrivez pas à travailler en open-space >>  Demandez un aménagement de votre poste de travail, favorisez le télétravail ou bien changer complètement d’entreprise.  
  • Vous souffrez de faire l’éponge face aux émotions des autres >>  Faites le tri de votre entourage et favorisez les relations positives et bienveillantes.  
  • Vous n’arrivez pas à prendre de la distance par rapport à vos émotions >>  Entreprenez un travail de psychothérapie au service de votre développement personnel et de votre épanouissement.  

 » Ne subissez pas votre vie, créez-la ! «  

Hypersensible, prenez-soin de votre environnement !

L’épanouissement d’une personne hypersensible dépend fortement de la qualité son environnement. 

Voici quelques conseils qui pourront vous aider à vivre heureux ou heureuse avec votre hypersensibilité :  

  • Evitez de vous enfermer dans des étiquettes, notamment dans le mot d’hypersensible. Ce que vous êtes est bien plus grand que l’idée que vous avez de vous-même.  
  • Rappelez-vous que les remarques qu’on peut vous faire ne concernent pas votre personne mais un aspect seulement de votre personnalité, ou votre travail, un acte donné à un instant donné. Ne généralisez pas en vous condamnant et en vous limitant à ce que vous pouvez penser de vous mais saisissez-vous des remarques pour grandir.  
  • Lâchez la volonté de “gérer” vos émotions : les émotions ne sont pas du business ! Les émotions sont des messagères de ce que vous vivez. Votre travail est donc d’entendre le message que l’émotion vient vous dire. Accueillez, écoutez et laissez partir.   
    En vérité, si on respecte ce cycle, le trajet d’une émotion ne dure que 2 à 3 minutes : Le corps accueille l’émotion puis le cerveau la traite. Alors que si vous luttez contre elle, le corps se contracte et d’autres émotions se manifestent, plus désagréables encore. Et ce, jusqu’à ce que le message soit entendu. Alors laissez-vous traverser ! 
  • Dites bonjours à vos émotions : elles sont là pour vous rendre service, pour vous mettre en relation avec votre environnement. Elles sont la manifestation de votre vivant. Accueillez-les comme des amis.   
  • Vivez pleinement vos émotions : sans tenter de les étouffer. Se montrer ému est en réalité positif pour l’entourage. Cela vous rend plus humain, plus vivant, plus conscient. En vérité, c’est une grande ressource pour les autres.  
  • Recentrez-vous ; si vous êtes submergé : fermez les yeux quelques secondes, concentrez-vous sur les sensations liées à l’émotion et suivez son trajet : battement de cœur, respiration accélérée, tremblements… puis laissez-la passer.  
  • Voyez pas la sensibilité comme un talent et non comme un problème : C’est la société qui ne la valorise pas. N’en faites pas autant. Plus vous développerez votre sensibilité, et donc votre écoute de vous-même, mieux vous la connaîtrez et mieux vous saurez vivre avec. Plus vous vous écoutez, mieux vous vous comprenez. Plus vous vous acceptez et plus vous savez faire des choix qui sont justes pour vous. Par exemple : je choisis d’habiter dans un lieu moins pollué, moins bruyant, je ne vais plus dans les mariages, je choisis des lumières plus douces pour mon intérieur, je change mes relations, j’entreprends une reconversion professionnelle pour un métier plus en adéquation avec mon mode de vie et mes besoins, etc.  

En résumé

Retenez que, l’hypersensibilité n’est pas un problème qu’il faut guérir ou traiter. C’est un tempérament tout à fait normal. Nous sommes tous des êtres sensibles à la base. L’être humain est par nature un être sensible. 

Cependant, la société industrielle, technologique, virtuelle, commerciale nous pousse à être moins sensible. La preuve en est que tous les enfants sont hypersensibles. Cette sensibilité se perd au fil du temps et des expériences dans une société HYPO-sensible. Certaines personnes vont cependant garder cette sensibilité tandis que d’autre la perdent. L’écart se creuse entre les deux et on commence à parler “d’hypersensibles” comme des êtres d’une nouvelle génération.  

Les personnes hypersensibles ne sont pas des personnes mentalement instables et elles ne le deviendront pas à moins qu’elles soient exposées à un stress important.  

Si vous vous sentez hypersensible, vous avez désormais compris le contexte de la société hyposensible qui est à la base de votre malaise : ne vous sentez plus coupable ou anormal-e. Reconnaissez cette sensibilité comme un talent, un “caractère enrichissant” comme le nommait déjà Jung, et faites vos choix de vie en adéquation avec celle-ci. Vous vivrez ainsi votre sensibilité comme une ouverture vers le monde plutôt qu’un handicap social à camoufler. 

Bien vivre son hypersensibilité est un vrai parcours de développement personnel. Il est toujours bon de pouvoir se faire accompagner par un professionnel plutôt que de sacrifier des années de souffrance à tenter de s’en sortir seul-e. 

Vous avez besoin d’aide pour changer votre regard sur votre hypersensibilité ?

- Rachel GUIMBAUD, praticienne en psychothérapie humaniste.- Je vous accompagne pour vous aider à retrouver confiance en vous et être enfin vous-même. 
gratuit

A découvrir :

 

D'autres articles pourraient vous intéresser

 S’aimer soi-même, oui mais comment ? 

L’amour de soi est à la base de l’estime de soi et de la confiance en soi. S’aimer tel que
Je suis hypersensible.

Hypersensible, qui es-tu ?

Hypersensible est une notion assez nouvelle et dans laquelle de plus en plus de personnes se reconnaissent. Qu’est-ce que l’hypersensibilité
etre soi

Oser être soi-même

Oser être soi-même est le challenge du siècle dans cette société ou l’image de soi est mise au premier rang.

Avez vous déjà réservé une session sur mapsychotherapie-enligne.fr ?

Abonnez-vous !

Recevez chaque mois la sélection des nouveaux articles dans votre boîte mail.